Comment persévérer si mon travail est invisible ?

509 Views
tristesse_decouragement_invisible

Dans cet article, je te parle de ténacité face au travail invisible. Si ce concept peut paraître abstrait, il reste d’actualité en télétravail, en freelance ou à l’université. À chaque fois que tu t’engages dans un projet long – la rédaction d’un mémoire ou d’une thèse, la publication d’un livre ou la préparation d’un concours ou d’un diplôme – tes capacités d’endurance sont mises à mal et tes choix sont parfois mal compris.

Ce n’est, d’ailleurs, pas pour rien qu’un des rovers déployé sur Mars s’appelle Perseverance. Et oui, comment faire preuve de persévérance quand personne ne te voit travailler ou ne comprend ce que tu fais ? Malheureusement, tu n’es pas un robot programmé pour accomplir des tâches répétitives en milieu hostile. Alors où trouver la volonté d’affronter sereinement les critiques ? 

Surmonter les “contrôles de ton investissement” pour gagner en visibilité

Surmonter les contrôles ; rendre l'invisible visible
Crédit : image par Stafford GREEN (CC-BY-SA)

L’objectif est d’assumer ton niveau d’autonomie. Puisque tu es capable, tu dois montrer que tu sais faire les bons choix. Pour prendre l’avantage sur ces “contrôles” parentaux, académiques ou professionnels, tu ne dois pas être sur la défensive. Cette posture fait douter de ta crédibilité et la manière de justifier ton travail pour ton “contrôleur”. Mon contrôleur, me diras-tu ?

À toi de rendre ton travail visible avec calme et détermination !

Ces “contrôleurs”, tu les connais, ce sont tes parents, tes membres de la famille, tes concurrents, ton boss, ton jury, tes pairs, tes profs ou moniteurs, tes amis… Méfie-toi donc de l’aveu de culpabilité… Ne leur laisse pas l’occasion de dire ce qu’ils veulent entendre. Relativise (respire un bon coup), identifie la cible et prépare la réponse idéale à donner pour le stopper dans son élan. En travaillant un scénario, tu définis ton propre projet et t’exerces à l’assumer. N’hésite pas à t’entraîner tout seul. Enregistre quelque part tes meilleures répliques, ça peut servir.

Exemple de scénarios défectueux :

Contrôleur 1 (pas vraiment intéressé) : ça sert à quoi ce que tu fais ?
Toi, en mode sarcasme : à rien, pourquoi ?
Contrôleur 2 (en quête d’autorité) : tu as été en cours ? Tu as révisé ?
Toi, en mode sur la défensive : à ton avis !
Contrôleur 3 : quand est-ce que tu soutiens ? Tu as fini ta rédaction ?
Toi, en mode agressif  : tu es sérieux, c’est une thèse, forcément, c’est long…
Contrôleur 4 (en mode faussement intéressé) : tu en es où ? (ma préférée, elle arrive en général au moment où tu t’y attends le moins)
Toi, en mode “pas prêt” pour celle-là : euh, ça avance… (pff)
Contrôleur 5 (en mode inquiet pour ton avenir) : tu es sûr de toi ? Ça te plaît ? 
Toi, en mode gros blanc gêné : … … … gros blanc gêné, ouai, ouai…

En anticipant un script, tu motives ton contrôleur à te suivre et satisfait son envie de juger ta détermination. Découragé ou convaincu, ce dernier mettra fin au dialogue de lui-même. Classique…

Règle n°1 : n’avoue jamais !

Dans la plupart des cas, un speech bien senti retourne la situation à ton avantage et coupe court à l’envie de curiosité ou de dérision. En plus, tu réalises aussi que tu travailles pour toi et pourquoi tu as commencé au départ, ce n’est pas si mal. Les critiques sont évincées et tu évites la position inconfortable de l’éternel contestataire.

Ta routine de satisfaction : une tâche invisible après l’autre !

un travail de fourmis : un travail invisible
Crédit : image par Karl Humphries (CC-BY-SA)

En vrai… qui applique les méthodes anti-procrastination que l’on voit circuler un peu partout ? Soyons honnête, personne n’est parfait… Il est tout à fait naturel de repousser une tâche ou de faire une pause après une bonne séquence de travail. L’idéal est de trouver un juste-milieu entre le nombre objectif à tenir et ta motivation pour réduire au maximum l’ennui, l’anxiété et le sentiment de culpabilité. Apprends à te donner de la latence. Les tâches non-essentielles peuvent être automatisées ou abandonnées. Mais attention, ce n’est pas parce qu’une tâche est invisible qu’elle n’est pas essentielle… au contraire !

Instaure une routine de satisfaction en pratiquant les affirmations positives ou en mettant des mots sur ce que tu ressens. Développe ton sentiment de fierté en remarquant chaque tâche accomplie. Par petit objectif jusqu’au point final, tu renforces ton sentiment d’efficacité personnelle. Et l’invisible devient visible… grâce à ta régularité.

Un petit conseil avant de te lancer : soupèse bien les attentes de ton travail : délais, énergie, coûts… Ça te permet de calibrer tes capacités pour fixer des objectifs réalistes. Après avoir testé ta routine, vois si tu apprécies l’existence quand tu travailles… Faire la différence entre une frustration temporaire et un pessimisme prolongé est déterminant pour être à l’aise.

À la recherche de l’assiduité perdue 

travail ; tasse de café ; assiduité ; feuille
Crédit : image par Engin Akyurt (CC-BY-SA)

Avoir la liberté de rater les cours ou la liberté de travailler chez soi sans présence “contrôlante” est une sensation à nulle autre pareil. Mais, malheureusement, si c’est trop facile, c’est qu’il y a un piège… Car, oui, la réussite d’un projet dépend bien souvent de ton niveau d’implication, d’activité et de ta régularité.

L’assiduité, peut-elle être forcée ?

Honnêtement, je ne pense pas. L’assiduité trouve sa source dans la motivation que l’on met dans ses études et ses projets. Elle est déterminante dans l’acquisition d’une posture de “savoir faire-face” (contraintes horaires, charge de travail, qualité du contenu, problème d’organisation ou de pédagogie…) Enfin, être assidu, c’est savoir accomplir un travail régulier dans un système sans contrainte (télétravail, cours à la fac, pause révision ou vacances, année sabbatique…).

Aberration #1 : quand on aime, on est déjà motivé !

Fais-toi plaisir. Si tu trouves le temps long, essaye de mixer quelque chose de plaisant pour accompagner une phase de travail un brin rébarbatif. L’optimisme et le plaisir permettent d’affronter bien des calvaires. J’ai écrit un article à ce sujet et l’importance de développer une productivité épanouissante. Le plus important, finalement, c’est de savoir valoriser au mieux le temps disponible pour accepter de lâcher du lest au bon moment.

Pourquoi, c’est confortable d’être assidue

Cette bonne vieille pyramide de Gyseh Maslow va nous montrer pourquoi être régulier dans le travail permet de le rendre visible à tes yeux et aux autres, même inconsciemment :

– #1 : pour créer un mindset rassurant et dynamique. Lorsque tu t’engages dans une routine, tu remplis ton besoin de sécurité (rang n°2 de la pyramide de Maslow). Tu crées un environnement stable et prévisible sans anxiété, ni culpabilité. Pas de retard, pas de rattrapage, tout est à sa place… Être assidue, c’est une recherche de confort par le contrôle.

– #2 : pour combler ton besoin d’appartenance : au-delà de la contrainte imposée par ton environnement ou tes proches, l’assiduité te permet d’être accepté au sein d’un groupe ou d’un projet. Être docteur, être étudiant, être auto-entrepreneur, etc., tout ça conditionne ta régularité pour correspondre aux standards pré-établis, même inconsciemment.

– #3 : enfin, le besoin d’estime : cette énergie qui te pousse à tout contrôler pour combler ton besoin de visibilité ou décrocher une récompense : pour ne pas être stigmatisé, ne pas te remettre en question, parce que tu veux être reconnu par tes profs ou simplement pour éviter l’échec… Quand tu es assidue, tu te préserves des humiliations.

-#4 : besoin de s’épanouir : ton assiduité te permet de prouver ton potentiel, d’être créatif puisque tu gères les bases ou encore de garder le moral. Tu mènes à bien tes projets et ça te rend fier

Être assidue, c’est de ne pas attendre que les choses se passent sans nous. C’est une manière de provoquer les opportunités en évitant les accumulations de retard. C’est être réveillé et de ne pas être dans l’attente. Tu l’auras compris, tout est dans la qualité de la présence…

Surmonter l’humiliation ou l’échec

Accident ferroviaire de la gare Montparnasse (22 octobre 1895) à Paris
Accident ferroviaire de la gare Montparnasse le 22 octobre 1895 à Paris

Entretenir son niveau d’investissement sur le long terme demande beaucoup d’énergie. Tout le monde, à un moment ou un autre, peut donc être en difficulté. Parfois, c’est juste passager et on peu se débrouiller seul. D’autres fois, les difficultés s’enchaînent et il est difficile de se relever. On tombe alors dans une “attitude défaitiste”.

L’échec conditionne ta personnalité, alors ne minimise pas les obstacles… Note tes erreurs ou tes changements de direction. Une check-list des “je ne ferai plus” est aussi parfois très utile pour se souvenir.

Quand la motivation disparaît, il est important de savoir s’arrêter pour réinstaurer une routine de satisfaction et parfois, savoir accepter de l’aide. Préserve au maximum un sentiment de stabilité et assume ton plan B, C, et même D si c’est nécessaire… La persévérance, c’est aussi savoir s’adapter rapidement en trouvant des alternatives

Le mérite est à ceux qui luttent constamment

Theodore Roosevelt

Être persévérant en bref

Ce n’est pas parce que tes efforts ne sont pas vus que tu n’es pas une personne de qualité. Ce n’est pas parce que tu as l’impression que ton travail est invisible qu’il ne sera pas profitable. L’invisible est bien souvent ce qui fait tourner le monde… un monde plein de petits riens indispensables. Le plus important est de trouver les choses qui t’immunisent contre le découragement. Remets-toi en question de temps en temps pour te fixer des limites, mais donne-toi le temps de te débrouiller seul(e). Sois réaliste sur tes lacunes, mais saches que tu seras toujours assez.

Et toi, pourquoi tu ne veux pas abandonner ; qu’est-ce qui te fait avancer ?

0 Comments

Leave a Comment