Écrire une thèse : comment produire un contenu de qualité publiable ?

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Écrire une thèse, un mémoire ou un livre est un travail singulier. L’expérience requiert méthode et persévérance pour obtenir un résultat inédit dans les délais impartis. Il faut aussi être capable de faire de nombreux choix parfois frustrants, de délimiter un cadre et de tirer des conclusions pour se démarquer.

Je vous propose dans cet article de suivre étape par étape la décomposition d’un sujet du choix du sujet à l’impression du manuscrit pour produire un contenu de qualité. Vous pourrez l’adapter pour n’importe quels travaux.

La phase de recherche

Rassembler et critiquer la documentation

Au cours de cette phase de recherche, vous devrez trouver et compiler une documentation conséquente pour tisser une toile d’hypothèses. Vous vous renseignerez sur les auteurs et leurs travaux pour débloquer des questions de méthodes et des concepts. Vous explorerez peut-être même d’autres domaines, d’autres périodes…

Le hasard fait parfois bien les choses…

En faisant la critique de votre bibliographie, vous construisez une trame d’hypothèses. L’essence de ce travail est de faire parler l’absence d’information et de comprendre pourquoi il y a des vides dans les études. Votre objectif est de montrer pourquoi certains spécialistes ont évité le sujet. L’originalité de votre approche réside dans cette aptitude.

Délimiter et définir son corpus

D’abord et avant toute chose, il faut définir son corpus. Sur quoi travaille-t-on ? Comment l’organiser ? Comment lire les œuvres ? Quels outils choisir pour définir ces questions ? Ensuite, votre lecture des œuvres dépend surtout de votre organisation ou désorganisation… Rien n’est neutre, tout est lié. L’organisation que vous proposerez correspond à des règles fléchies par votre sujet et la façon dont vous allez le traiter.

Papier_brosse_croquis_pantone_nuancier_peintures_crayon_Sofia Terzoni - Qu’est-ce qu’une bonne méthode en Histoire de l’art ?

En d’autres termes, votre manière d’appréhender votre sujet permet de développer la méthode la plus appropriée. Je vous en parle plus précisément dans un autre article sur la méthode en histoire de l’art juste en dessous.

👉 Qu’est-ce qu’une bonne méthode en Histoire de l’art ?

Penser et écrire

Le but est de produire du texte original de qualité publiable. Il n’est donc pas toujours évident de garder la tête froide et de trouver de la motivation au fil des mois. Si certains apprécient de réfléchir au fil de l’eau, d’autres préfèrent anticiper et avoir une vision claire de l’avancée de leur recherche.

Le plan

Le plan est le rendu visible de votre méthode et de votre organisation. Il permet de poser les attendus de votre question. Le jury attend des choses du sujet et saura relever les incohérences ou les choix. Le plan de votre thèse doit donc montrer une réflexion théorique et méthodologique sûre. Il doit proposer un angle de réflexion à votre sujet et proposer une justification pour votre problématique. Très tôt, il faut le faire lire pour tester sa clarté.

👉 Un workbook pour aller plus loin : Comment rédiger une problématique percutante ?

Le développement et ses parties

Commencez par jeter des idées qui vont forcément bouger. L’écriture d’un texte ne part jamais de zéro. Rassembler vos idées avant de commencer. Jetez des phrases, alignez les mots-clés dans des cases… Créez une hiérarchie d’idées au fur et à mesure de vos recherches. Faites des listes en faisant de cours paragraphes par ci, par là. Une fois échauffé, les lignes défileront d’elles-mêmes jusqu’à la fatigue.

L’écriture est un muscle.

Restez serein, on écrit lorsqu’on est frais…

L’introduction et la conclusion sont les deux piliers de votre manuscrit.

Ils se construisent au fur et à mesure et doivent être documentés. Enrichies de paragraphes construits, l’intro et la conclusion sont rédigées en miroir à la fin, mais pas complètement. Tout au long de votre recherche, il faut se faire un petit fourre-tout avec une ébauche de plan et des éléments d’introduction et de réponse en conclusion.

Méthode d’écriture de l’introduction : comment savoir se positionner ?

L’introduction est le moment où tout se cale. Vous devez être capable de tout démontrer dès celle-ci. La conclusion, quant à elle, aborde les questions qui n’ont pas été résolues et ferme le manuscrit.

👉 Pour aller plus loin : Méthode d’écriture de l’introduction : comment savoir se positionner ?

Le reste du mémoire se rédige dans l’ordre et/ou par montage successif à la manière d’une couturière. Chaque partie doit pouvoir se lire indépendamment tout en étant liée les unes aux autres. Une partie devra comprendre une brève introduction, un développement et une conclusion. Pour chaque étape, vous expliquerez les orientations, les contestations, vos constatations et vos résultats. Le jury doit percevoir un enchaînement logique.

La thèse en dur

Le produit fini se réfléchit pendant l’écriture. À un moment, voire 1 an avant la soutenance, il faut avoir une idée du rendu définitif. La bibliographie doit être normée. Le nombre d’annexes doit être calé. Les photographies sont choisies et présentées dès la conception avec leurs légendes et leurs emplacements définitifs. La mise en page doit être réfléchie au fur et à mesure.

L’édition prend du temps et demande une attention méticuleuse. Est-ce que je préfère un sommaire ou une table des matières ? Les parties, sont-elles équilibrées ? La forme et la structure, sont-elles simples et logiques ?

Écrire une thèse : réflexions pour comprendre comment ça marche - du choix du sujet à l'impression, comment se construire une thèse
Image de ActuaLitté sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Anticiper les délais pour le dépôt administratif

On ne boucle pas la relecture du jour au lendemain. C’est physiquement et techniquement impossible. Il faut se laisser un bon mois de latence entre la fin de la relecture et le dépôt. Cela permet de prévoir d’éventuels imprévus avec l’école doctorale ou son directeur. Même si l’impression d’une thèse par exemple se fait tard, presque au dernier moment, votre manuscrit doit être impeccable pour le dépôt.

Adaptation et anticipation sont de mise lorsqu’on touche au but et surtout pas de panique…

La forme en dit long sur le contenu. Un manuscrit déséquilibré et peu esthétique révèle un problème dans l’idée. Prenez votre temps pour relire vos notes, organiser vos références et aligner les paragraphes et les parties. Le jury est très attentif aux détails surtout lorsqu’il n’y a pas beaucoup de critiques à faire sur le contenu…

La soutenance

Finalement, la soutenance doit être un moment de plaisir. Il faut faire sortir ce qu’il y a eu de plaisant au cours de ces années. Il faut retranscrire en positif ce que l’on a pu faire. Néanmoins, il faut aussi garder un œil critique sur ce qui a été fait ou laissé en suspens. Parlez des questions non résolues et de votre manière de répondre aux problèmes.

Ce moment est l’occasion d’expliquer les manques, les défauts et les choix qui ont été faits. Rappelez pourquoi avoir choisi ce sujet et comment vous avez conduit votre réflexion. Décrivez votre méthode et les problématiques qui ont guidé vos décisions. Enfin, à vous de dégager ce qui vous paraît important et de proposer une ouverture à la fin.

Enfin, la soutenance est un moment important au cours de laquelle vous devez vous positionner dans le domaine. C’est parfois un moment décisif qui ouvre d’autres portes vers le monde professionnel et scientifiques.

Et vous, comment s’est déroulé la finition de votre manuscrit ?

Pour plus de conseils, rendez-vous dans la rubrique “Méthodes & Ressources” de Place plume. Et si cet article, vous a été utile, dites-le dans les commentaires. On se retrouve sur InstagramFacebook ou Pinterest pour discuter.

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