Faire un vrai métier ? 5 bonnes raisons d’être stratégique

Quand j’ai commencé Histoire de l’art, l’un des premiers encouragements que j’ai reçus était “tu veux pas faire un vrai métier plutôt”. Pourtant, faire de l’Histoire de l’art est bien souvent une évidence. Notre point commun est d’y trouver un épanouissement où la passion est la clef de la réussite. Alors, comment formuler un scénario réaliste de la vision à la réalisation dans une filière de Sciences Humaines ? Est-ce seulement possible ?

Aujourd’hui, j’aimerais parler de stratégie. C’est encore un sujet peu abordé dans les amphis de Sciences Humaines où les profs eux-mêmes ont parfois du mal à valoriser leur filière. Alors, comment adopter une attitude proactive tout au long de son cursus ? Comment éviter les fuites en avant, les pis-aller et repérer les entêtements contre-productifs ?

Raison n°1 : Arrêter de dire que cette filière est synonyme d’instabilité !

L’histoire de l’art a toujours été considérée comme une filière bateau. Pour autant, cette formation constitue aussi un bon point de départ que l’on peut facilement enrichir. Aussi, j’aimerais ramener du positif dans tout cela. De nombreux métiers sont accessibles, dont l’histoire de l’art peut constituer une facette. Car non, nous ne finissons pas tous caissiers ou caissières en faisant de l’Histoire de l’art.

Par sa pluridisciplinarité, l’histoire de l’art permet de se réorienter facilement dans différents corps de métier. La culture, l’ouverture d’esprit et l’exigence de travail (si si) que cette filière apporte sont toujours un plus à valoriser.

Faire beaucoup d’études, c’est bien. Mais une bonne synergie d’études, c’est mieux !

Est-ce que tout est possible ? Je ne sais pas, mais en tout cas après de l’Histoire de l’art : tu peux être prof, être chercheur, être dans le marché de l’art, être expert, être dans la fonction publique ou le domaine culturel, dans l’événementiel, dans la communication. Tu peux aussi intégrer un musée, une galerie d’art, une mairie. Tu peux être conservateur, être architecte, iconographe, chef de projet, journaliste, restaurateur… Et bien plus encore. 

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Par contre, cette filière sous-entend aussi un sens des réalités et des difficultés accrus dès le départ. Car sans stratégie, tu avances ou recules au gré du vent. J’en ai fait les frais. Il est donc impératif de ce souvenir pourquoi on a commencé à l’origine. Quelle est l’utilité profonde de ce cursus dans notre parcours ? Quelle est la raison d’être de ce cursus pour toi ? 

Raison n°2 : Savoir d’où je viens et assumer mon profil !

Se sentir légitime à tout moment est LA difficulté. Perso, pour assumer son profil, je pense qu’il n’y a rien de tel que de se rappeler toutes les belles choses que l’on sait faire ou que l’on a pu accomplir. La rédaction d’un c.v très détaillé pour ton usage personnel, par exemple, est toujours utile pour savoir se présenter et assumer clairement son profil.

C’est un travail de diagnostic où l’on collecte tout : formations, stages, parcours, cursus, compétences, expériences… Ce récapitulatif n’est pas à destination d’un entretien pro’ mais de toi uniquement. Il s’agit de prendre de la hauteur, de se rassurer et d’entretenir la confiance surtout lorsque les expériences sont peu nombreuses. Et ça marche aussi pour savoir formuler une aspiration sincère :

Reconnaître ses envies, ses ambitions, mais aussi ses besoins
Segmenter ses savoirs pour se projeter honnêtement
Rendre compréhensible son cursus et le visualiser
Rechercher des synergies entre ce que vous aimez faire et ce qui est porteur
Faire des concessions entre ce qu’on veut et ce qui est réellement disponible
Étudier son positionnement dans un monde plein de possibilité

Crédit : image de Lorri Lang (CC-BY-SA)

Raison n°3 : Savoir où je vais et me sentir légitime à tout moment !

La direction à suivre n’est jamais prédéterminée pour nous, ça serait pas drôle. Faire un choix est toujours un moment un peu bizarre. Et anticiper les milieux porteurs n’est pas une évidence. 

Pourtant, faire de l’histoire de l’art, est parfois un choix réfléchi vers un métier réfléchi. Certains partent avec le métier de leur rêve en tête, d’autres construisent leur voie petit à petit en calculant des éventualités, d’autres encore se laissent bercer par le courant. Néanmoins, en continuant de cultiver une curiosité, le hasard emmène parfois sur des chemins imprévus.

Savoir où on veut aller n’est pas la chose la plus évidente à définir. Il faut donc combiner les formations, trouver un point de départ, établir une vision souhaitée à long terme ou à court terme, se donner un axe motivant, être consistant dans les directions à suivre… etc etc. Pas évident, en effet ! Tu n’es pas devin, mais mieux vaut choisir que subir !

Parfois, c’est risqué de ne faire que de l’histoire de l’art. Être son propre moteur d’action en tenant compte des paramètres du secteur est toujours rassurant !

Honnêtement, je pense que l’essentiel est de connaître ses limites et faire ce que l’on aime pour supporter tout ça. C’est aussi un moyen de ne pas se lancer de manière inconsidérée dans des investissements inutiles. Enfin, se faire confiance pour déclencher la bonne opportunité au bon moment est aussi un art.

Crédit : image de Pexels (CC-BY-SA)

Raison n°4 : Savoir comment aller où j’ai envie d’aller !

Cette étape est l’une des plus invisibles. Elle dépend de ton organisation de travail sur le long terme au quotidien. Et comme les choses se passent rarement comme prévu… Il faut savoir s’adapter rapidement aux situations changeantes.

La première chose à faire est d’évaluer la probabilité de réalisation de vos envies/objectifs. Quel est le sens de ton parcours ? Quel est le niveau de faisabilité de tes envies ? Vérifier l’adéquation de tes objectifs avec les moyens disponibles, c’est faire ressortir les besoins (formation, financements, lieux…) et moduler si besoin les objectifs en fonction de ton timing.

Tu peux aussi classer tes aspirations en fonction d’un indicateur de préférence et noter différents scénarios. Voici une liste d’idées qui pourrait faciliter cette organisation :

– Planifier des dates de suivi pour valider ou reporter l’avancement
– Déterminer les données à collecter dans des outils de suivi (vieille, réseaux…)
– Concevoir des sous-stratégies pour adapter les objectifs
– Déterminer des objectifs facultatifs ou reportables en vue de l’évolution de tes idées
– Se mettre en situation en acceptant un stage ou un job sur une période plus libre

Raison n°5 : Construire un réseau et convaincre mon entourage !

Vous ne pouvez pas espérer motiver durablement vos proches si vous ne savez pas où vous allez. Être stratégique, c’est aussi savoir s’entourer et convaincre son entourage. En plus, les recrutements externes se font de plus en plus rares…

Cultivez un réseau est une manière de multiplier les opportunités. Il faut absolument demander et se renseigner sur tous les métiers possibles en contactant des gens de métiers, tes profs, tes chargés de TD, d’anciens étudiants, des groupes de discussions, des associations, ton réseau LinkedIn… en allant vers ceux qui semblent toujours le plus accessible. Parler avec plein de gens dans tous les domaines apporte toujours son lot d’informations utiles. Même si tes questions se heurtent à des silences, des critiques ou des jugements… oses poser des questions ! 

Crédit : image de Pexels (CC-BY-SA)

Être stratégique : du rêve à la réalité !

Se lancer dans cette filière peut isoler et générer pas mal d’incompréhension. Les idées reçues sont nombreuses : idéalistes, rêveurs, fainéants, irrationnels, ne sachant pas se mettre en responsabilité… On peut continuer longtemps comme ça : l’étudiant en histoire de l’art n’a aucun projet défini. Il s’engage consciemment dans une voie de garage, une science molle et se complaît dans cet état d’esprit. Il est “l’éternel étudiant” incapable de décisions stratégiques pour assurer son avenir. C’est d’une violence rare et un crève-cœur !

N’ayez pas peur d’être stratégique ! Parfois, un stage mal-payé ou du bénévolat, c’est aussi l’espoir d’un CDD… et plus tard peut-être un CDI… Entrer par la petite porte d’une institution, c’est déjà avoir un pied à l’intérieur pour gravir les échelons… C’est parfois plus facile que de s’obstiner à entrer par la grande porte !

Prenez les contraintes et obstacles à votre développement comme des données, des caractéristiques nouvelles à contourner, dépasser, surmonter, utiliser… Les échecs n’en sont pas. Ce sont des successions de choses qui sont formatrices. C’est aussi utile de savoir ce qu’on ne veut pas faire ! 

Se rappeler constamment la difficulté de s’insérer dans la vie professionnelle, c’est garder un esprit conscient des enjeux de cette discipline. La réalité est brutale et revient généralement au moment où on s’y attend le moins. La concurrence est rude et les opportunités difficiles à provoquer.

En bref

Ne pas hésiter à marcher au culot
Compléter sa formation initiale pour créer une synergie intéressante
Sortir de sa zone de confort et tester des trucs
Être touche-à-tout : développer une réelle polyvalence
Anticiper les événements et s’adapter grâce à la vieille professionnelle
Réfléchir, calculer les éventualités et les conséquences
Se confronter aux échecs et savoir rebondir
Envisager le métier de tes rêves et faire des concessions
Se lancer en faisant ce qui nous plaît vers des domaines porteurs
Être résiliant(e) face aux phases de découragement
Savoir se vendre et ne jamais se mettre en défaut : JAMAIS !
Partir du principe que vous êtes légitime, compétent et Historien de l’art

🔥 Bien sûr, tout ça est théorique et je ne suis pas forcément la meilleure des élèves en matière de stratégie. En plus, il n’y a vraiment pas de stratégie parfaite, immuable, ni garantie à 100 %. J’espère avoir amené un peu de positif et d’encouragement à ce moment de l’année. Bon courage à tous : n’attendez rien et gardez le sourire.

🎓 Cet article est inspiré d’une intervention que j’ai donné à des étudiants de Licence 3 d’Histoire de l’art de l’Université de Tours. J’ai synthétisé ici une partie des propos échangés et apporter d’autres pistes de réflexion pour dépasser les stéréotypes et être stratégique ! Merci à eux et à vous de votre attention ! (Minute dédicace…)

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Selon toi, est-il raisonnable de miser sur la chance pour définir son avenir pro’ ?

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