Comment se sentir légitime dès son inscription en Licence ?

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Comment se sentir légitime ?

Se sentir légitime ? On parle souvent de posture ou d’attitude, pourtant les choses sont rarement aussi simples. Entre la sensation d’être invisible, les charges de travail et une hiérarchie universitaire parfois pesante… on vous fait rarement sentir légitime.

Alors, comment éviter le syndrome de l’imposteur lorsqu’on est historien ou historienne ? Comment ne plus avoir honte de faire de l’Histoire de l’art ? Comment se sentir légitime dès le premier jour de la licence ?

Je suis Historien ou historienne, pas un imposteur !

Le syndrome de l’imposteur est la peur constante de ne pas être légitime. C’est l’angoisse d’être démasqué à tout moment par un collègue, un prof, un proche… C’est une peur viscérale et paralysante, celle d’être pointé du doigt pour que tout le monde s’aperçoive de notre supercherie…

Mais de quoi est-on coupable au juste : de vouloir faire mieux que nos profs, de se mettre à niveau, de se dépasser, de se lancer dans un nouveau projet ou simplement de vouloir réussir ?

L’impression de manquer de légitimer est déjà une bonne nouvelle !

Si vous vous interrogez sur votre légitimité, c’est que vous fournissez déjà pas mal d’efforts pour rendre votre travail intéressant. Le blocage vient alors de cette fameuse sensation de ne jamais être assez. Alors comment mieux apprécier son travail et gérer le stress ?

Ayez conscience de vos qualités. N’hésitez pas à faire un état des lieux de celles-ci en cas de doute. Vous les avez chèrement acquises au fur et à mesure de vos petites réussites. Et pour ceux qui me disent : je ne suis qu’en Licence... La confiance s’entretient dans l’attitude. Déjà au premier semestre, vos connaissances ont augmenté. Vous avez fait des choix réfléchis. Vous êtes un peu plus spécialiste chaque jour. Quoiqu’en disent certains profs réfractaires…

Travaillez votre posture en multipliant les expériences qui vous rendent légitime. Les exposés, les bonnes notes, les projets nouveaux, une discussion avec un prof ou un collègue, un travail en groupe, une question posée en cours, une communication en colloque sont autant de moteurs de légitimité

De la prise de parole en tutorat à la publication d’un article en doctorat, la légitimité s’impose bien souvent d’elle-même pour vous et les autres en sortant de sa zone de confort.

Pourquoi j’ai honte de faire de l’Histoire de l’art ?

Tombeau de Philippe Pot (détail), sculpture du XVe siècle, Musée du Louvre, Paris

J’ai toujours envie de m’excuser de faire de l’Histoire de l’art, mais pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas aussi à l’aise que d’autres ? Et pourquoi j’ai toujours besoin de justifier mes choix ? 

S’entraîner à se sentir légitime : une posture à adopter dès l’inscription

Se sentir légitime, c’est être convaincu de ses compétences et de ses qualités. Sans fausse-modestie, il est toujours important d’accepter son expérience et de reconnaître ses savoir-faire. 

Pour cela, il faut accepter ses choix comme ses regrets sans tomber dans le déni. Pas facile me direz-vous…mais c’est vous et uniquement vous qui fixez votre façon de valoriser votre travail. 

Contrecarré les dédaigneux sans justification incessante

D’un autre côté, ne pas chercher à plaire désespérément ou ne pas culpabiliser d’être trop ou pas assez n’est jamais simple. Dans l’idéal, écartez tout ce que vous ne pouvez pas modifier. Focalisez-vous sur les choses que vous contrôlez : vos progrès, avancées, réussites, erreurs… N’ayez pas honte de recommencer un projet, essayez et restez objectif sur le travail accompli ou qu’il reste à faire.

👉 Pour en savoir plus : Être productif et créatif ? 8 conseils pour bien s’organiser

Faire des choix en pleine conscience n’est pas forcément une évidence. Avec le stress, la pression des examens, l’avenir… notre vision s’altère. Dans ce cas, une mise à niveau n’est jamais une perte de temps. Ça nous arrive à tous de partir sur un coup de tête et de faire machine arrière après quelques semaines de travail… Ce n’est pas si grave et ce n’est pas forcément synonyme d’échec.

Se sentir légitime, c’est aussi apprendre à nuancer les pensées négatives. Chaque pensée doit être relativisée avec un point sur l’avancée, le temps perdu ou gagné, les conséquences et impacts de cette décision sur l’avenir… 

J’ai peur d’échouer ou de ne pas trouver le métier de mes rêves

Paul Rubens, La chute d’Icare, 1636, huile sur toile, 27 x 27 cm, Musées Royaux des Beaux-Arts, Bruxelles, © Web Gallery of Art, created by Emil Krén and Daniel Marx

“A quoi ça mène Histoire de l’art ?”

Cette question, on l’a tous entendu au moins une fois, parfois, beaucoup trop de fois… Si certains ont une réponse toute faite avec un projet défini de A à Z, pour moi, c’est toujours le vide cette question. On voit notre vie défilée, c’est la panique, on remet tout en question en une seconde.

Ne pas décrocher le métier de ses rêves n’est pas un drame.

Avec l’expérience, j’ai constaté que notre travail et notre curiosité ouvrent plein de perspectives intéressantes au fil du temps. Un cursus n’est pas quelque chose de figé. Vous êtes sans cesse dans l’action ou la réflexion. Vous apprenez à dépasser vos échecs ou vos peurs en adaptant tes objectifs. Les idées et les projets changent en fonction de vos limites, de vos capacités, ou de l’effort que vous avez envie de produire.

Réussir en Histoire de l’art, c’est :

Ne pas espérer tout réussir du premier coup
Ne pas fuir une situation difficile
Rester en mode veille professionnel dès l’inscription
Rester ouvert aux propositions et aux opportunités
Faire preuve d’adaptation
Avoir des objectifs réalisables et mouvants avec un plan B, C, D, E…
Faire preuve de bon sens et d’honnêteté
Ne jamais s’excuser d’une bonne décision
Différencier les projets fantasques et la réalité des choses
Ne pas être borné
Savoir anticiper les situations et changer ce qui peut l’être
Savoir se remettre en question ou changer d’air

Pour en savoir plus : Faire un vrai métier ? 5 bonnes raisons d’être stratégique

Toujours se présenter avec certitude et aplomb… facile à dire ?

Oui, la concurrence est rude, mais où ne l’est-elle pas… L’emploi n’est pas assuré à la sortie de l’Université, mais depuis quand l’emploi est-il assuré ? Oui, c‘est une bataille incessante… Comme je le disais, le reste est une affaire de posture qui se joue dans l’inconscient. C’est toi qui choisis : Droopy ou le Loup…  

À la fac ou ailleurs, on est rarement encouragé à se sentir légitime. C’est à vous de faire le travail et notamment lors de vos entretiens, oraux, présentations ou journées d’études. Votre posture influence beaucoup le regard des autres. N’avouez jamais et ne donnez jamais le bâton pour vous faire battre... Vous êtes compétents, vous avez des qualités.

Comment trouver sa place dans la hiérarchie de l’Université ?

Aaah, la très fameuse hiérarchie universitaire qui nous garde consciemment ou inconsciemment dans le rôle de l’apprentie face aux Maîtres, subjugué que nous sommes en haut de l’amphi… Et pourtant, vous êtes bien un expert en devenir dont le premier échelon est le statut d’étudiant. 

Les Profs ne sont pas des Dieux vivants dont la parole est d’évangile…

Longtemps présenté comme le Graal, le métier de professeur doit être démystifié

Démystifions les carrières académiques !

L’Université est une entreprise comme les autres avec ses objectifs à tenir, ses qualités, ses (nombreux) défauts, sa hiérarchie plus ou moins oppressante et ses petits drames quotidiens entre équipes et laboratoires de recherche autour des budgets, des postes et des ragots… On y rend un service administratif, d’enseignement et/ou de recherche contre une rémunération. Voilà…

👉 Pour en savoir plus : Ce que veulent les profs : est-ce vraiment utile pour réussir ?

Se sentir compétent dès le premier jour est impératif pour relativiser d’entrée de jeu les “paroles d’experts” ou “dogmatique” et in fine produire un travail de qualité. Vous êtes vous-même un expert en devenir avec vos propres résultats personnels (bonnes notes, travaux de recherche, exposés oraux, bénévolat, job d’étudiant…).

Des petits riens pour garder la confiance

Pour conclure, voici une petite checklist pour t’aider à garder une posture confortable… Se rappeler ces motivations premières

– Reproduire les situations “légitimantes”
– Ne jamais se mettre en défaut
– Tester et apprivoiser les sensations ressenties
– Changer de méthode sans culpabiliser
– Mimétiser les méthodes des experts
– Affronter les situations “dangereuses”
– Cultivez son esprit critique et d’analyse
– Mettre toutes les chances de son côté
– Evitez à tout prix la comparaison

Et toi, pourquoi tu te sens légitime dans ton travail d’Historien(ne) de l’art ?

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